Je lisse, tu lisse , nous lissons. Nous allons ici faire un tour des différents types de lissage du plus permanent au plus temporaire, du traditionnel au plus exotique, du plus naturel au plus chimique. Mais pour commencer un peu d’histoire !

Petit voyage dans le temps…

Au commencement, donc, était le défrisage… Autrement dit, un véritable traumatisme pour les cheveux, en particulier pour ceux auxquels il n’était pas initialement destiné. En effet, la légende, à prendre avec précaution, raconte que les esclaves rebelles étaient punis en se voyant plonger la tête dans un seau rempli de soude, ce qui avait pour effet de lisser leurs cheveux. En y ajoutant des œufs et des pommes de terre pour « adoucir » la base, les Afro-américains auraient ainsi inventé le premier défrisage, qui explosa au début du 20 e siècle, en pleine ségrégation raciale, pour tenter de gommer cette caractéristique physique… Triste histoire. Un inventeur revendique la paternité du défrisant, bien que nul brevet ne puisse le prouver : Garret A.Morgan. Cet inventeur reconnu a également à son palmarès le masque à gaz qui sauva tant de vies lors de la Première Guerre ainsi que… le passage piéton ! Ce serait au cours de ses recherches sur les machines à coudre qu’il essaya un nouveau liquide lubrifiant qui devint alors la première « crème de raffinage pour cheveux »… On parle alors de lissage non mécanique.
En 1890, Adam Frisby créée le fer à boucler, suivi par Simon Monroe en 1906 avec son peigne à lisser et enfin l’ancêtre des pinces en céramique sera déposé en 1909 par Isaac K. Shero. Il s’agit alors de lissage mécanique. Mais au cours des années 1900, Madame C.J. Walker, fille d’anciens esclaves, fait fortune grâce à sa société, la Walker Manufacturing Company, spécialisée dans les cosmétiques mais aussi et surtout les produits capillaires, notamment les aides au défrisage. Ces pratiques ont entretenu un débat encore très controversé quant à l’identité raciale, mais la visite au salon de coiffure reste très importante dans la culture noire en remplissant un rôle social très important surtout pour les femmes, aujourd’hui encore dans le 18 e arrondissement de Paris ! Défrisage, lissage, mécanique, non mécanique, comment s’y retrouver ?

Les lissages dits « mécaniques »

Un lissage « mécanique », comme son nom l’indique, implique l’utilisation d’un outil physique destiné à raidir le cheveu. On peut notamment citer le fer à lisser, le « kardoune », la « mise en plis » ou « placage » mexicain(e), le bas, les bigoudis XXL et même… le fer à repasser !

Le fer à repasser

On pourrait croire que cette pratique quelque peu barbare a été une méthode de « dépannage » avant l’invention du fer à lisser et reste aujourd’hui une anecdote amusante sur ce que les femmes sont prêtes à faire pour « s’embellir » (certains se souviennent peut-être d’un épisode des Simpson où la petite Marge repasse ses cheveux bouclés bleus, avec pour résultat des cheveux raides mais… bruns, ce qui sous-tendait qu’ils avaient été brûlés) mais pas du tout, certaines femmes l’utilisent toujours, avec plus de précautions, certes, mais le geste reste le même. Elles utilisent une serviette pour éviter le contact direct du fer avec le cheveu, appliquent parfois des sprays thermo-protecteurs mais elles semblent réfractaires à l’idée même du fer à lisser ou de tout autre méthode. Peut-être est-il utile de déconseiller cette pratique, ne serait-ce que pour éviter les brûlures au niveau du visage, très proche ?

Le kardoune

Le kardoune va certes détendre les cheveux, mais ils ne seront jamais aussi lisses qu’avec un lisseur ou un lissage mécanique. La technique est assez simple, aussi simple que ce qu’il est, soit un simple ruban. Une queue de cheval ou deux si l’on est seule, il suffit d’enrouler le kardoune au fur et à mesure tout en gainant la chevelure humide. Cela prend environ 45 mn et on laisse agir toute la nuit. Un « vrai » kardoune algérien coûte environ 5€ et peut être réutilisé presque à l’infini. On peut également utiliser un bas ou un collant coupé !

La mise en plis mexicaine ou « boagala »

Les casques étant de moins en moins utilisés en dehors des salons, cette méthode est un peu tombée dans l’oubli, de plus c’est assez long et un peu « sportif » surtout si vous avez les cheveux très longs. Toutefois, si les grands casques en plastique sur pied n’envahissent plus nos salles de bain, on utilise toujours son équivalent souple, qui tient très peu de place, n’est pas très coûteux (on peut en trouver à partir de 8€ ! Mais comptez généralement de 15 à 30, ils seront très vite amortis…) et ne nécessite qu’un sèche-cheveux. Si le casque de salon a perdu ses galons, c’est surtout à cause de la chaleur, souvent intense et sur une longue durée. Or, il existe aujourd’hui des sprays ou des sérums protecteurs très efficaces et ce jusqu’à 230°.

Pour cette mise en plis, également appelée « placage » ou « tourbillons », vous aurez besoin de 10 à 20 pinces métalliques (pour mises en plis), de deux ou trois bigoudis XXL, optionnel mais recommandé, un produit protecteur de chaleur et un casque, dur ou souple.

Les bigoudis XXL

Cette technique peut paraître surprenante : des bigoudis pour raidir les cheveux ?? Oui, mais pas n’importe lesquels, cheveux comme bigoudis ! Il faut utiliser de très gros rouleaux, les plus gros que vous puissiez trouver. Quant au type de cheveux concerné, cette méthode n’a de réel intérêt que pour les cheveux très frisés voire crépus car vous n’obtiendrez pas un lissage vraiment raide mais une chevelure allongée, assouplie, plus brillante et facile à coiffer. Vous aurez, comme précédemment, besoin d’un casque (et d’un protecteur), mais vous remplacerez les pinces par… des bigoudis ! Souvenez-vous de nos grands- mères et de leurs filets : procurez-vous-en un ! Si vous avez bien choisi un diamètre important, vous ne devriez pas avoir à en utiliser beaucoup, sauf sur cheveux très longs car les mèches, si elles ne sont pas assez fines, mettront un temps infini à sécher et s’abîmeront. Poser les bigoudis sur l’ensemble de la chevelure en commençant par le haut du crâne, après les avoir essorés et séchés au maximum avec une serviette (petit « truc » : en les brossant pendant que vous épongez, vous vous débarrasserez de plus d’humidité), appliquer le thermo-protecteur, poser le filet soigneusement et hop, sous le casque ! Vérifier régulièrement si les cheveux sont secs, déjà après une trentaine de minutes, s’ils ne le sont pas au bout d’une heure c’est que vous avez posé les bigoudis sur des cheveux encore beaucoup trop humides… Retirer les bigoudis, appliquer un sérum disciplinant et brosser.

Les fers et plaques lissantes ou fer à lisser

Aujourd’hui, les lisseurs existent en plusieurs tailles, matériaux et en différentes amplitude de température. Environ 25 cm pour un lisseur classique de salle de bains, environ 15 cm pour les appareils de voyage et environ 20 cm pour les « middle size » en ce qui concerne les tailles d’appareils proprement dits, mais les plaques en elles-mêmes varient, pour les cheveux longs à très longs, dans les 5 cm, la majorité sont « moyennes » soit environ 2,5 cm, enfin pour les cheveux très courts, on trouve des plaques autour de 1 cm. Niveau matériaux, on choisira les technologies céramiques, tourmaline ou titanium. La céramique offre un lissage facile qui protège les cheveux, la tourmaline permet un passage plus fluide des plaques sur la mèche, prévient l’électricité statique et l’apparition de « frisottis », tandis que la technologie titanium est la grande star des plaques : diffusion homogène de la chaleur, efficacité accrue et plus grande protection de la fibre capillaire. Il existe des lisseurs à température fixe mais la plupart son réglables, en général de 60 à 235°C, à choisir selon sa nature de cheveux, 200° pour les cheveux normaux, 220 pour les cheveux ondulés, 230 pour les cheveux crêpus ou très frisés.

Les lissages chimique, lissage brésilien, lissage japonais, défrisage…

Le lissage brésilien

La « star » des lissages ! Il n’est pas tout à fait juste de le qualifier de strictement « non mécanique » car l’une des étapes consiste à utiliser des plaques chaudes, mais c’est presque anecdotique. Le grand principe de ce type de lissage consiste surtout à faire pénétrer au cœur du cheveu une préparation à base de kératine et d’agents lissants. Contrairement à beaucoup d’autres méthodes, il ne sert pas qu’à raidir les cheveux mais aussi et surtout à les nourrir avec sa composante principale (la kératine,
donc !). Vous trouverez sur ce site tout ce que vous devez savoir pour réaliser et, bien sûr, réussir parfaitement votre lissage « do Brasil » !
comprendre le lissage brésilien

Le lissage japonais

Contrairement au précédent, le lissage japonais, même s’il nécessite des retouches, est permanent car il modifie la structure, sans toutefois toucher le cuir chevelu. Il est adapté à toutes les natures mais il mérite réflexion ! Le « Yuko System », son autre nom, se déroule en 3 étapes : remodelage, mise en
condition thermique et fixation définitive. Le remodelage consiste à appliquer un produit qui attendrit les liaisons kératiniques et rend donc la structure du cheveu malléable. Avec un fer chauffant à plaques de céramique, porté à une température d’environ 160°, on raidit les cheveux et les écailles se referment à ce moment précis. C’est l’étape la plus longue car il faut être extrêmement minutieux pour que qu’aucun cheveu ne soit oublié. Enfin, un « neutralisateur » fixe les cheveux de manière durable (6 à 8 mois) dans cette nouvelle forme parfaitement raide, comme des cheveux asiatiques ! Comme tous les autres lissages, un entretien rigoureux est absolument nécessaire, avec des shampoings et des soins qui ne doivent en aucun cas contenir d’hydroxyde de sodium.

Le lissage coréen

Cousin proche du lissage japonais, il modifie la structure du cheveu pour le raidir de façon permanente. Il contient de la kératine, du henné et des protéines de soie. Il peut être utilisé sur des cheveux colorés, crêpus et/ou afro, à condition que la structure capillaire soit en très bon état car des cheveux abîmés risquent de se fragiliser encore davantage. Les étapes ressemblent à celles des autres lissages : lavage, essorage, application du produit mèche à mèche, pose, rinçage, séchage, lissage à l’aide de plaques en céramique, nouveau rinçage et enfin séchage. Contrairement au lissage brésilien, le coréen ne nourrit pas les cheveux donc il faut absolument en prendre grand soin avec des produits adaptés comme de masques nourrissants hebdomadaires. Il doit être effectué de préférence par un professionnel et selon la longueur il faut compter entre 300 et 500€.

Le lissage Luxter

Après le brésilien et le japonais, ce nouveau lissage fait de plus en plus parler de lui. Le Luxter est avant tout un soin à base de collagène végétal, ses effets durent jusqu’à la repousse et se réalise sans plaques et sans traumatisme. Contrairement aux défrisages classiques, il assouplit sans « casser » le cheveu.
Inspiré du lissage japonais (voir ci-dessus), la créatrice de ce nouveau procédé a commencé par étudier celui-ci dans le but de créer un nouveau lissage répondant à d’autres attentes : raides, certes, mais avec un maximum de volume, et aussi jouer sur d’autres formes comme l’ondulation des pointes ou autres « fantaisies » capillaires ! Le collagène végétal, donc, va venir se fixer sur le cheveu et en repulper la fibre. Il en ressortira non seulement lissé mais aussi en meilleure santé et avec plus de volume. Cette transformation est tout aussi durable que son prédécesseur japonais. Le collagène va rester à l’intérieur du cheveu et continuer à se libérer au fil du temps, ce qui rendra la chevelure de plus en plus belle et en bonne santé. A la différence du lissage japonais, il n’y a pas de transformation chimique, à la différence du lissage brésilien, Luxter agit avec du collagène végétal et non de la kératine et sans risque de traces de formaldéhyde. La transformation est durable est non temporaire. Elle tient environ 7 mois, jusqu’à la repousse, donc, se réalise en salon en environ 1h30 et à partir de 150€.

Le lissage au tanin enzymothérapie

Les tanins sont des polyphénols d’origine végétale obtenus par la macération de peaux de raisin ou de certaine écorce d’arbre par exemple (et voilà où vous aviez déjà vu ce mot !). Ils ont également utilisé dans le domaine médical. Entre autres avantages, cette techniquede lissage semi-perment dure le plus longtemps, jusqu’à 5 mois si les cheveux sont bien entretenus. Elle lisse vos cheveux et les rend t plus souples, forts, brillants et faciles à coiffer. Autre avantage non négligeable à l’approche des beaux jours : la piscine et la mer n’ont normalement aucune incidence sur ses effets. Comme d’autres méthodes, si les soins sont de qualité, il sera possible de ne reprendre que les racines. Vous purez trouver les terme de lissage au tanin, tanitoplastie ou encore l’enzymothérapie qui recoupe le même procédé avec des termes marketing différents.
Pour allez plus loin sur le lissage au tanin consultez notre dossier complet : le lissage au tanin.

Les « autres » lissages, plus anecdotiques !

Le lissage américain

Il vous promet des cheveux lisses et extrêmement brillants. En réalité il le lissage américain est au lissage brésilien ce que le café américain est au café italien une version diluée. Son protocole d’application et sa concentration en kératine ne permet pas réellement d’avoir un effet lissage très significatif.
Il aurait été préférable de le renommé « soin à la kératine à l’américaine ».

Le lissage français, le lissage libanais, le lissage indonésien…

Très proche du lissage brésilien, il promet des cheveux plus raides et plus brillants. Il se déroule, jusqu’ici en salon, par des coiffeuses à domicile ou par des « lisseuses ».  En réalité le principe actif reste celui d’un lissage brésilien classique, les produits aditionnels étant présent avant tout pour leur qualité marketing (fleurs rares, diamant,…) Le lissage libanais et le lissage indonésien peuvent également vous être proposés, mais rarement dans des salons réputés pour leur sérieux, évitez-les donc pour le moment !